ALEXANDRE DU MEGE
Archéologue
        1780 - 1862


Né par hazard, à La Haye en Hollande, le 5 décembre 1780 d'un père comédien, collectionneur et franc-maçon et d'une mère antiquaire. Il arrive à Toulouse en 1786. Il hérite de son père une collection d'antiquités et le goût pour la numismatique et l'archéologie. ses études classiques sont limités, il doit compenser sa méconnaissance du latin et du grec par un surcroît de travail et de lecture.
dumegeDès 1800, il court les montagnes pyrénéennes à la recherche d'autels, d'inscriptions et de toutes antiquités rattachées au Volques tectosages, aux celtes. 
En 1802, par ses relations maçonniques il obtient une mission officielle du préfet pour tout le département. Il est correspondant de l'Académie Celtique de Paris, publie notices et mémoires, accumule dessins et notes. 
De 1810 à 1824, il adresse de nombreux volumes manuscrits à l'Institut. En 1811, il fait sauvegarder à Toulouse les sculptures du cloître de la Daurade et rêve déjà d'un futur musée des Augustins. 
En 1814, le maire de Toulouse lui confie la défense de la ville selon les directives du maréchal Soult mais son plan est fortement désapprouvé par les officiers du Génie, et il leur en gardera une rancœur tenace.
Il passera à sa réalisation vers 1817. Mais son travail est contesté car on le soupçonne parfois d'avoir recours à des faux. En 1831, il fonde la société d'Archéologie du Midi. 
Il est dès lors couvert d'honneurs, membre de multiples sociétés savantes, lauréat et médaillés d'or de l'Institut en 1834, inspecteur des monuments historiques. Écrit une histoire des institutions de la ville de Toulouse mais ne put achever son grand travail : l'Archéologie pyrénéenne. 
Entre 1840 et 1846 Alexandre Du Mège poursuit l'œuvre des bénédictins Devic et Vaissète en fournissant une nouvelle édition complétée de l'Histoire générale de Languedoc chez Jean-Baptiste Paya, généralement considérée comme peu fiable et fautive. De 1836 à sa mort, il est mainteneur de l'Académie des Jeux floraux (fauteuil 31).
Il était membre d'honneur de l'Académie des jeux floraux, de l'Académie des Sciences, inscriptions et belles lettres de Toulouse et créateur d'un rite égyptien dans le cadre de la loge-mère de la "Souveraine Pyramide des Amis du Désert" qui inspira peut-être la loge des "disciples de Memphis" de Gabriel Marconis de Nègre et Samuel Honis. 
L'affaire du bas-relief des Tetricus trouvé en fouilles à Nérac entache considérablement sa réputation. Un bas relief en marbre représentant les empereurs Tetricus est découvert en 1832 à Nérac dans le Lot-et-Garonne. Il s'agissait en fait d'une villa gallo-romaine située au lieu-dit de la Garenne qui fut fouillée sous la direction du sculpteur-faussaire Maximilien Théodore Chrétin, celui-ci monta la fable d'une ville impériale du temps des Tetricus avec la complicité de Du Mège. Quelques années plus tard, la preuve de la falsification de la sculpture fit éclater le scandale. D'autres pièces de fouilles découvertes par Du Mège et Chrétin, authentiques celles-là, furent alors minutieusement inspectées. Cette mystification faillit perdre la Société Archéologique du Midi qui s'était beaucoup investie dans ces fouilles
Du Mège était aussi membre de la loge "Napoléomagne" créée en 1805 qui deviendra en 1814..la Concorde ! Mais aussi en 1809 Grand chancelier d'un Rite Écossais Philosophique et pratiquera aussi le rite très spécifique de la "Vieille Bru"
Malgré les défauts qu'on peut lui reprocher, en particulier son absence de rigueur scientifique, il n'en demeure pas moins l'un des principaux inventeurs de l'archéologie méridionale, un personnage à mi-chemin entre la science et le mythe, unissant l'érudition et l'imagination, la fiction au réel.