LOUIS VESTREPAIN
      cordonnier-poète occitan
            1809 - 1865

Lous Catherine Vestrepain est né à Toulouse le 17 août 1809, rue du Taur, où résidait son père, Pierre, cordonnier, et sa mère Maria Rouquette. Il suit les cours de l’école primaire. A13 ans, il est apprenti bottier chez son père. À la mort de ce dernier, il sera maître bottier. Dans son magasin de la rue de la Pomme, il occupait une piqueuse et deux ou trois ouvriers ou apprentis. À ses heures perdues, il s’essayait dans la poésie, une poésie proche de la rimaillerie, ce dont il était parfaitement conscient. Il constitue l’exemple type de ces poètes-ouvriers qui étaient le plus souvent de petits artisans. Il meurt à 56 ans, le 25 décembre 1865..vestrepain
Grand, le tablier de cuir passé autour d’un ventre rebondi, il était très liant avec ses clients et ses amis qu’il accueillait toujours avec le sourire. Il ne les laissait jamais partir sans les régaler d’une bonne plaisanterie, et surtout ses clientes, d’un gracieux madrigal !

Très aimé dans le quartier, il mettait en vers les moeurs et les évènements locaux. Il était au fonds, la voix populaire de la cité. Mais cela, hors la politique, ce qui veut dire qu’il se ralliait à tous les régimes : il a loué tant celui du roi-citoyen Louis-Philippe, que la Seconde République ou le Second Empire !
Par ailleurs, il est assez proche, il est vrai avec moins de talent, d’un Fortunat Chailan, lorsqu’il se moque des paysans avec « Las avanturas d’un campanhard a Tolosa » , « Les aventures d’un campagnard à Toulouse » et « Las avanturas d’un Tolosenc a la campanha » , « Les aventures d’un Toulousain à la campagne ».
Il est bien meilleur lorsqu’il se fait le porte-parole de l’indignation populaire à l’occasion des scandales financier,  (ils étaient nombreux aussi au « bon vieux temps » !), avec « Les furets del numerari o les bancarotiers frauduloses » , « Les furets du numéraire ou les banqueroutiers frauduleux », ce qui, il est vrai ne l’engage pas politiquement.

Bien entendu, le modèle de Vestrepain, comme  pour Mengaud, est le poète d’Agen, Jasmin. Il tente de l’imiter en composant des odes et autres poèmes élevés, ou de longs récits en vers. Mais, même s’il est couronné au concours de langue d’oc de la Société Archéologique de Béziers, il ne soutient pas la comparaison. Disons qu’au mieux, il est médiocre, car il ne sait alors éviter ni les longueurs, ni la platitude. , ni les banalités, ni l’enflure. Et c’est bien dans les scènes locales, dans les descriptions de tableaux de moeurs, bref tout ce qui est léger et ne demande pas une grande connaissance de la littérature, qu’il peut passer.

Cela se remarque surtout dans ses chansons dont l’une, « La baniera tolosena » , « La bannière toulousaine », est devenue comme une seconde « Tolosena », la chanson célèbre de Lucien Mengaud.

La langue est peu travaillée ; les francismes sont nombreux et les tournures françaises abondent, même si, à partir de 1860, lorsqu’il publia les textes qui lui paraissaient dignes de l’être, dans l’épais recueil « Las espigas de la Lenga Mondina » , « Les glanures de la Langue Toulousaine », illustré de gravures sur bois, il ait tenté semble-t-il, d’écrire un occitan plus pur ainsi que le montre la sorte de dictionnaire qui y figure.

Il reste que Louís Vestrepain, par la présence d’un occitan écrit, a préparé l’avenir dansune Toulouse qui était encore bien endormie.